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Club des collectionneurs en Arts Visuels de Québec

Phelipe Soldevila: indiscipline protéiforme

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Phelipe Soldevila expose une quarantaine de toiles et quelques études dans un immense local d’où on peut voir l’École des arts visuels.

LE SOLEIL, JEAN-MARIE VILLENEUVE

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(Québec) Phelipe Soldevila déborde. De mots, de formes, de couleurs et de sentiments mélangés. L’hiver, il propulse tout ça sur des tableaux de six pieds de haut, à défaut d’avoir des murs à ciel ouvert où dessiner.

Celui qui a fait la grande murale inspirée du bestiaire de Pellan, maintenant cachée par un immeuble, au coin Cartier et René-Lévesque, navigue toujours entre formes organiques et formes géométriques au gré des effusions colorées. Tantôt on y voit des plumes, tantôt des créatures grouillantes au corps sinueux, tantôt des vortex qui auraient pris corps.

«Des amulettes», dira Soldevila, avec des énergies et des couleurs inspirées de ses états d’âme.

Mais plus de renards ou de lézards dans ses constructions. Triangles, losanges, cercles et solides ont remplacé les personnages trop à l’étroit sur des toiles, où il était, selon lui, impossible de leur donner cette aura de liberté à laquelle il tient tant. Dans la toile Tokyo, la première de la série, on devine bien des yeux qui flottent, mais l’animal s’est déconstruit, évanoui dans une forme qui rappelle les décors de mangas.

«J’ai essayé de recréer un peu le même buzz que lorsque je crée à l’extérieur, en faisant des fonds qui peuvent ressembler à ce que je trouve dans des buildings abandonnés, dans des tunnels de train ou sous les viaducs», explique-t-il. Le contraste entre certains fonds mats, faits de transparences et de dégoulinures, et les formes flottantes aux contours très évidents confond l’oeil, également étourdi par les effets de perspectives. «On essaie toujours de résoudre des toiles, résume Soldevila. Je ne veux pas amener les gens dans une zone d’inconfort, mais plutôt les pousser à vouloir voir plus loin, à se perdre plus longtemps dans la peinture.»

Phelipe expose une quarantaine de toiles et quelques études dans un immense local d’où on peut voir l’École des arts visuels. «Je devais présenter l’exposition dans le cadre de ma maîtrise à l’Université Laval, mais finalement, j’ai vraiment eu trop de problèmes avec la direction, indique l’artiste. Je pense qu’ils ne m’ont vraiment pas aidé en tant qu’artiste, et c’est un peu pour ça que le titre de l’exposition est Insolence chronique. Ça aurait pu être Apprendre dans l’adversité. Je ne prétends rien, mais j’ai vraiment confiance en ce que je fais.»

Canadian Bacon

Et apparemment, le jeune homme sait y faire pour susciter l’enthousiasme et déplacer les foules. Il l’a prouvé avec les événements Canadian Bacon, présentés deux fois par année en collaboration avec Plenty Humanwear, la compagnie de vêtements pour laquelle il a créé de multiples dessins. «Je voulais faire une exposition collective, et j’ai invité mes amis proches, mais vite on était rendus 21, et ça a attiré 450 personnes», raconte-t-il. La prochaine édition rassemblera 30 artistes de Québec et 10 de Montréal et sera présentée les 24, 25 et 26 avril dans la capitale et pour la première fois dans la métropole les 8, 9 et 10 mai, dans un grand entrepôt appartenant à la compagnie.

L’artiste a également deux toiles à la galerie d’art du Château Frontenac, Trois fois ce matin etTokito.

L’exposition sera accessible tous les jours de 12h à 17h, du 27 mars au 10 avril, par la porte du 272, rue Christophe-Colomb Est. Info : phelipe.ca

 

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