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Club des collectionneurs en Arts Visuels de Québec

Samedi le 27 mai 1977…rencontre avec André Bécot !!!

Québec,le Soleil,samedi le 21 mai 1977

L’Atelier André Bécot pour créer un milieu.

Une entrevue de Jean Royer

André Bécot(te) a 28 ans, natif d’Arthabaska, il enseigne les arts plastiques au CEGEP Ste-Foy, après avoir étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Montréal. En septembre dernier, il aménageait chez lui «L’Atelier André Bécot»,rue St-Jean pas loin de la Comme Galerie et de l’Atelier de réalisations graphiques.

« Je m’ennuyais de mes amis de Montréal. Ce qui me manquait le plus, c’était une vie active dans les arts. J’ai ouvert l’Atelier pour créer un milieu où l’on pourrait parler des arts et vivre avec»

André Bécot n’est pas un directeur de galerie comme les autres. Vendre des tableaux ne l’intéresse pas. Il veut surtout exposer les débutants. L’atmosphère l’intéresse plus que l’argent. C’est pourquoi il a décidé d’investir sa vie dans son atelier. Son appartement personnel. Son salaire de professeur. Son temps. Et son goût de l’art.

D’ailleurs il a baptisé son lieu «atelier» : pour faire plus intime, accueillant, chaleureux. D’ailleurs, me dit-il :«je vis là, je suis mieux équiper pour recevoir le monde»

Aux vernissages :la réponse est bonne. Un public assez diversifié. Dont 70 pour cent ne connait pas les exposants. Situé à l’étage du 531 St-Jean(au dessus du Foubar)l’Atelier Bécot déménage à côté, au 499 et au rez-de-chaussée, le 1er juin. L’accès sera encore plus facile pour le public.

Bécot aime ce quartier St-Jean-Baptiste, qui a gardé une atmosphère de quartier européen ou du Quartier Latin d’il y a 15 ans.

Pour ce sculpteur, qui fait aussi de l’orfèvrerie cet atelier est un peu la réalisation d’un vieux rêve «me réveiller le matin et voir des tableaux partout sur les murs» Mais aussi un choix :ça me prenait peut être l’atelier pour être bien dans ma peau. J’ai un plaisir à le faire.

Bien sûr, il ne cherche pas le commerce comme tel. Sans quoi, la rentabilité serait presque impossible. Exposer des débutants, des artistes qui font de l’expérimentation avant de chercher leur cote sur le marché :ce n’est rien pour faire de l’argent. Mais c’est un milieu qui se crée. Des groupes d’artistes auxquels se greffent peu à peu des publics. Une émulation. Des idées qui circulent, plus que l’argent.

Professeur, André Bécot s’inquiète des la situation des arts dans la société actuellement, qui continue de former des artistes sans pouvoir les «placer». « Il n’y a pas plus de débouchés dans les arts qu’il y a dix ans mais il y a plus de monde qui s’y dirigent»

La situation actuelle met aussi en danger le commerce des arts plastiques. Même la galerie Dominium Gallery, la plus importante galerie de Montréal est en difficulté :«Quand l’art va bien, ca veut dire que le pays va bien. Mais quand il y a une récession, l’art devient un luxe.»

De toute façon ce qui aiderait le plus les artistes québécois, c’est une meilleure diffusion, mieux organisée.

D’ailleurs, dit André Bécot, tout en s’emballant pour sa dernière exposition qui propose de magnifiques gravures de Bill Vincent : « J’ai ouvert l’atelier pour lontemps»

 

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